(1716-1784) : Französische Philosophin
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Chronologische EintrÀge (1)
| Jahr | Text | VerknĂŒpfte Daten |
|---|---|---|
| 1760 |
Briefe von Denis Diderot an Sophie Volland ĂŒber seinen Aufenthalt bei Paul Henri Thiry d'Holbach in Grandval.Diderot schreibt : "J'ai cru que de ma vie je ne vous reparlerais des Chinois, et m'yâŠ
Briefe von Denis Diderot an Sophie Volland ĂŒber seinen Aufenthalt bei Paul Henri Thiry d'Holbach in Grandval.
Diderot schreibt : "J'ai cru que de ma vie je ne vous reparlerais des Chinois, et m'y voilĂ revenu ; mais c'est la faute du pĂšre Hoop [der scheinbar in Guangzhou gelebt hat] ; prenez-vous-en Ă lui, si je vous ennuie. Il nous a racontĂ© qu'un de leurs souverains Ă©tait engagĂ© dans une guerre avec les Tartares qui sont au nord de la Chine. La saison Ă©tait rigoureuse. Le gĂ©nĂ©ral chinois Ă©crivit Ă lâEmpereur que les soldats souffraient beaucoup du froid. Pour toute rĂ©ponse, l'Empereur lui envoya sa pelisse, avec ce mot : 'Dites de ma part Ă vos braves soldats que je voudrait en avoir une pour chacun d'eux'. Le pĂšre Hope a remarquĂ© que les Chinois sont les seuls peuples de la terre qui aient eu beaucoup plus de bon rois, et de bons ministres que de mauvais. â Eh ! pĂšre Hope, pourquoi cela ? a demandĂ© une voix qui venait du fond du salon. â Câest que les enfans de l'Empereur y sont bien Ă©levĂ©s, et qu'il n'est presque jamais arrivĂ© qu'un mauvais prince soit mort dans son lit. â Comment ! lui dis-je, le peuple juge donc si un prince est bon ou mauvais ? â Sans doute, et il ne s'y trompe pas plus que des enfans sur le compte de leur pĂšre ou de leur tuer. A la Chine, un bon prince est celui qui se conforme aux loix, un mauvais prince, celui qui les enfreint. La loi est sur le trĂŽne. Le prince est sous la loi et au-dessus de ses sujets." "Le PĂšre Hoop a racontĂ© que les mandarins disoient un jour Ă l'empereur : 'Seigneur, le peuple est dans la misĂšre, il faut aller Ă son secours'. â Aller ? dit l'empereur. Il faut y courir comme Ă une inondation ou Ă un incendie... Il a dit qu'un autre Empereur assiĂ©geait Nankin. Cette ville contient plusieurs millions d'habitans. Les habitans s'Ă©taient dĂ©fendus avec un valeur inouĂŻe ; cependant ils Ă©taient sur le point d'ĂȘtre emportĂ©s d'assaut. L'empereur s'aperçut Ă la chaleur et Ă l'indignation des officiers et des soldats, qu'il ne serait point eu son pouvoir d'empĂȘcher un massacre Ă©pouvantable. Le souci le saisit. Les officiers le pressent de les conduire Ă la tranchĂ©e ; il ne sait quel parti prendre ; il feint de tomber malade ; il se renferme dans la tente. Il Ă©tait aimĂ© ; la tristesse se rĂ©pand dans le camp. Les opĂ©rations du siĂšge sont supendus. On fait de tous cĂŽtĂ©s des voeux pour la santĂ© de lâEmpereur.." "Jâai peu de foi aux nations sages. On dit encore Ă lâhonneur des Chinois dâautres choses qu'on ne me trouva pas Ă©galement disposĂ© Ă croire. Je prĂ©tendis que les hommes Ă©toient presque les mĂȘmes partout, qu'il falloit s'attendre aux mĂȘmes vices et aux mĂȘmes vertus." "A propos des Chinois, jâai oubliĂ© de vous dire... qu'il Ă©toit permis d'y avoir de la religion, pourvu que ce ne fĂ»t pas de la chrĂ©tienne... Pour le christianisme, il est dĂ©fendu, sous peine de vie. On trouve que nous sommes des boute-feu dangereux, et puis ils n'ont jamais pu s'accommoder d'un dieu tout puissant qui laisse crucifier son fils, et d'un fils tout aussi puissant que son pĂšre, qui se laisse lui-mĂȘme crucifier. Et puis ils disent... s'il n'y a que les chrĂ©tiens qui soient sauvĂ©s, nos pĂšres sont donc damnĂ©s ; nos pĂšres qui Ă©toient si honnĂȘtes gens ! Nous aimons mieux ĂȘtre damnĂ©s avec nos pĂšres, que sauvĂ©s sans eux..." "On les accoutume [les Chinois] dĂšs la plus tendre enfance Ă durer des heures entiĂšres dans la mĂȘme attitude. Dans un Ăąge plus avancĂ©, semblables Ă des statues, ils restent un terms incroyable, le corps, la tĂȘte, les pieds, les mains, les jambes, les bras, les sourcils, et les paupiĂšres immobiles. Ils doivent en contracter la facilitĂ© de rĂ©flĂ©chir profondĂ©ment." |
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